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Blue MidVoice Episode 6 : Layticia Audibert

Bilan de compétences
Nancy
Layticia Audibert
Catherine Barloy
Gandee
Podcast 
Blue MidVoice
Coaching de vie

L’épisode est en ligne :

Dans l’épisode de podcast d’aujourd’hui, mon invitée est Layticia Audibert.Je connais Layticia depuis 2016 environ car Layticia avait lancé à l’époque un magazine Le Provocateur de sourires pour apporter plus de belles choses 🌟dans ce monde et j’y intervenais comme bénévole.🤝Depuis Layticia a lancé Gandee @gandeedogooders qui est une plateforme d’accompagnement des entreprises dans leur démarche RSE et marque employeur mais qui peut être rejointe également par les micro-entrepreneurs et les particuliers, chacun pouvant agir à son échelle.🎙️Voilà je vous laisse découvrir Layticia, son parcours, son projet et également ses conseils pour les futurs entrepreneurs et je vous souhaite une bonne écoute 🎧Dites-moi en commentaires quelles pépites ce podcast vous a transmises : j’ai hâte de vous lireJe suis Catherine BARLOY, coach en bilan de compétences pour Blue Midlife sur Nancy mais surtout à distance. Je partage avec vous et avec mes invités mon parcours, mon travail mais surtout des conseils pour envisager une vie professionnelle plus épanouie. Je vous souhaite une bonne écoute. 🎧Si vous avez aimé cet épisode, laissez-moi une note et un commentaire sur Apple Podcast, Spotify ou votre plateforme d’écoute ! Cela aide le podcast à se faire connaître 😊 .

En voici la retranscription et les liens associés :

Bonjour, je suis Catherine BARLOY, coach en bilan de compétences pour Blue Midlife. Après des années comme chef de projet dans la recherche clinique, je suis devenue coach et je vous accompagne pour trouver VOTRE voie professionnelle dès maintenant. Bienvenue sur ce podcast où je partage avec vous, seule ou avec mes invités, des conseils, des expériences, du coaching dans la bonne humeur. Alors on est parti pour l’épisode du jour.

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Bonjour à tous et bienvenue sur l’épisode numéro 6 où je reçois en interview Layticia Audibert.

Mais avant de vous parler de Layticia,

je voudrais remercier Frédéric qui m’a laissé une très belle recommandation sur LinkedIn.

Alors voici un extrait de ce que Frédéric partage :

“La passion devient un moteur de réussite pour Catherine : aider les cadres et non cadres à grandir, à réussir mais également à retrouver du sens dans leur vie professionnelle

A titre personnel, j’ai eu l’opportunité de travailler en sa compagnie pendant 20 ans et elle m’a apporté de judicieux conseils jusqu’au bout de ma recherche.

En un mot c’est d’une logique implacable … bénéficiant de l’expérience de quelqu’un qui a parcouru le même chemin avant nous, on a plus de chances d’y arriver.

Foncez, vous ne le regretterez pas !”

Merci beaucoup Frédéric, j’avoue que les mots me manquent quand je lis cela.

Oui, je suis passionnée par le coaching et par tout ce qu’il peut apporter à la personne qui est accompagnée par un coach.

Si vous n’avez jamais tenté cette expérience, lancez-vous avec moi ou avec le coach qui matchera le mieux avec vous ! et revenez par ici pour partager ce que vous avez pensé de l’expérience 😊

Donc nous sommes partis pour l’épisode du jour : j’accueille Layticia Audibert. Je connais Layticia depuis 2016 environ car Layticia avait lancé à l’époque un magazine pour apporter plus de belles choses dans ce monde et j’y intervenais comme bénévole au niveau relecture et parfois écriture d’articles. Depuis Layticia a lancé Gandee qui est une plateforme d’accompagnement des entreprises dans leur démarche RSE et marque employeur. Voilà je vous laisse découvrir Layticia, son parcours, son projet et également ses conseils pour les futurs entrepreneurs et je vous souhaite une bonne écoute :

Catherine BARLOY

Bonjour Layticia.

Layticia AUDIBERT

Bonjour.

Catherine BARLOY

Merci beaucoup de t’être rendue disponible pour répondre à cette invitation et de bien vouloir partager avec nous ton parcours d’entrepreneure. Je te laisse te présenter et présenter ce que tu fais actuellement et ton parcours de ces dernières années.

Layticia AUDIBERT

Avec plaisir. Je suis Layticia Audibert, la fondatrice de Gandee. Gandee est une plateforme solidarité as a service, c’est à dire que nous essayons d’engager les entreprises à devenir responsables au profit de l’association de confiance, en les accompagnant dans le choix de l’association, dans la communication, dans l’implication de leurs collaborateurs, de leurs clients, de leur écosystème et en les aidant aussi à mettre en place toute une démarche de RSE. La RSE étant, pour ceux qui ne sont pas encore familiers du sujet, la responsabilité sociale des entreprises. Notre volonté est de permettre aux entreprises d’avoir des externalités positives, de participer au bien commun en aidant des associations et d’être en ligne avec les objectifs de développement durable.

Catherine BARLOY

C’est un très beau projet.

Layticia AUDIBERT

Merci beaucoup. On a aussi une dynamique où on permet aux particuliers de s’engager et de faire, par le biais de cagnottes solidaires, 100% au profit de nos associations de confiance. L’idée, c’est que chacun peut faire sa part et être un petit colibri et n’importe quel événement de vie peut être le moteur d’un engagement solidaire. Ça peut être la naissance d’un enfant, ça peut être un mariage, ça peut être un anniversaire, ça peut être un deuil. Par exemple, dans ce cadre là, au lieu d’acheter des fleurs qui sont jetées dans l’heure pour rendre hommage à quelqu’un, participer à la lutte contre le cancer ou à une cause qui était chère à la personne, ça peut être pour des événements sportifs. L’idée, c’est que chaque occasion peut être une raison pour inviter son écosystème et être plusieurs à aider des causes qui en valent la peine.

Catherine BARLOY

C’est bien noté. Je connaissais par rapport aux entreprises, mais je n’étais pas suffisamment informée par rapport à nous particuliers qui pouvons aussi participer à ton projet. Ça, c’est la première belle chose à noter. Merci. donc, par rapport à ce projet en lui même, d’où est venue cette idée d’entreprise ?

Layticia AUDIBERT

Il y a plusieurs histoires dans l’histoire. La toute première, c’est qu’en fait, Gandee est né quand j’avais six ans. Parce qu’ à l’âge de six ans, j’ai fini devant le juge pour enfants au tribunal, à Grasse, parce que les dames de service donnaient plus à manger aux fils du maire qu’à des personnes pauvres dans l’école. Moi, ça me révoltait, donc je donnais mes repas au départ, puis au bout d’un moment, j’ai eu faim, j’en avais marre. Et donc j’ai fait la révolution à la cantine avec une énorme bataille de purée. Et la maman du fils du maire a considéré que j’étais une vilaine voyoute. Et donc, du coup, m’a traînée en justice. Je me suis retrouvée dans le bureau du juge à six ans avec mon papa et ma maman de part et d’autre. Et le juge m’a sermonnée en me disant Mademoiselle Audibert, vous ne pouvez pas faire justice vous même, etc. Et là, je me suis dit que ma carrière de justicière était fichue. Mais avant de partir de son bureau, il m’a murmuré à l’oreille « Mais vous avez eu raison. » Et en fait, c’est comme ça que j’ai commencé ma carrière, finalement, dans le droit.

Layticia AUDIBERT

Au début, je voulais faire juge pour enfants, mais c’était l’époque où le juge Michel s’est fait tuer et j’ai trouvé ça très, très dangereux d’être juge . Finalement, je me suis dit « Je vais être avocat et défendre des causes », etc. » Et j’ai donc effectivement fait des études de droit. Au début, en tant qu’avocat, on est un peu soumis à tous les dossiers puisqu’on est obligé d’avoir… On est commis d’office. Et puis moi, par exemple, même les gens venaient divorcer, moi, je les réconciliais. Donc ce n’était pas malin. En tout cas pas pour ma bourse d’avocat. Et donc j’ai plutôt décidé de suivre un parcours dans le droit des affaires. Et donc, pendant 17 ans, j’ai été d’abord avocate, ensuite directrice juridique, ensuite dirigeante d’une boite de gestion d’actifs. Mais tout du long de tout ça, j’avais une carrière de peintre en parallèle. J’avais un magazine auquel tu as eu la gentillesse de participer, qui s’appelait Le provocateur de sourire et qui essayait d’apporter du bien au monde et des bonnes nouvelles. Tout cet ADN était déjà là depuis un moment. Et puis, il y a quatre ans, cinq ans à peu près, j’ai eu un accident de vie.

Layticia AUDIBERT

Mais comme j’avais beaucoup de monde sur les réseaux sociaux, notamment grâce au provocateur de sourire et à ma carrière de peintre qui était parallèle, j’ai lancé un appel en disant « C’est mon anniversaire. Si vous voulez, au lieu de me faire un cadeau ou machin, faites du bien au monde. » Justement, ça s’est appelé le birthday project. En fait, j’ai eu plus de 1 500 cadeaux de gens que je ne connaissais pas, parce que c’était les réseaux sociaux, donc on ne connaît pas tout le monde, de gens qui ont donné à une personne âgée dans leur immeuble, qui ont donné un sandwich à un SDF en bas de la rue, qui ont planté des arbres. Tout ça pour mon propre anniversaire. Et là, je me suis dit « Mais c’est génial. Au lieu d’avoir un énième cadeau dont je n’ai pas forcément besoin et je ne suis pas une grande consommatrice, je me suis dit « Mais les gens se sont réunis pour faire du bien. Moi, ça m’a rendu super heureuse. Eux, ça les a rendus heureux parce qu’ils se disent, tiens, on n’a jamais l’occasion de… On ne sait jamais quand donner, à qui, etc.

Layticia AUDIBERT

Et le fait de le faire pour ton anniversaire est une super occasion. Et bien sûr, les bénéficiaires ont été heureux. Et donc j’ai eu pas mal de remontées en me disant « On ne sait pas à qui donner, on ne sait pas quand, on ne sait pas à qui. Puis même, on aimerait le faire en tant qu’entreprise. Et là, je me suis dit « Tiens, il y a un trou dans la raquette. » Et donc j’ai créé Gandee pour permettre à tout le monde de s’engager avec ce line up fort aussi d’être avec des associations de confiance dont on sait où va l’argent, à quoi il sert, pour que les gens puissent être rassurés sur l’utilisation de leurs dons. Et pour monter ce beau projet sans filet et ça a été une sacrée aventure.

Catherine BARLOY

J’imagine. Moi, je vois ta communication sur LinkedIn et on a envie de participer, on a envie de rejoindre. Ça donne des idées et c’est ça qui est beau aussi. Simplement, de créer ce mouvement autour de la bienveillance et la participation vers autrui. C’est ça qui est important.

Layticia AUDIBERT

J’ai coutume de dire que Gandee, ce n’est pas une entreprise, c’est un mouvement. Parce que là, aujourd’hui, on a collecté un million et demi d’euros de dons pour les associations. On sait qu’avec 30 €, on impacte positivement la vie de quelqu’un. Parce que ça va donner l’eau potable à des enfants, parce que ça va donner un kit scolaire pour quelqu’un, ça va planter X arbres. En fait, on a cette espèce de petit curseur de 30 euros et 30 € après déduction fiscale, je suis nulle en maths, mais ça fait même pas 11 €, 12 euros. C’est à la portée de tout le monde d’avoir des petits impacts. Moi, je suis convaincue que c’est ensemble qu’on pourra construire quelque chose de solide, qu’on pourra impacter les lignes. Et c’est par la coopération, la collaboration ensemble qu’on pourra changer les choses. Et ce n’est pas l’apanage des grands groupes. C’est vraiment chacun de nous qui fait sa part de colibri, comme je le disais.

Catherine BARLOY

Un premier pas vers l’autre, un premier pas vers quelque chose de plus grand. Par rapport, tu dis que tu t’es lancée, j’imagine, mais peut être pas sans filet. Est ce que tu as suivi des formations par rapport à ça ou est ce que tu as été accompagnée ?

Catherine BARLOY

Comment ça s’est passé ?

Layticia AUDIBERT

J’ai assez peu suivi de formation. J’étais un petit peu au fait du monde associatif, parce que justement, avec le provocateur de sourire, on avait eu affaire à pas mal d’associations. Mais non, j’ai tout appris au fil de l’eau, vraiment à la fois la tech. Donc, j’ai dû me former dans absolument tous les domaines parce que j’avais une carrière toute tracée d’avocat avec mon scope d’activité et de compétences et de connaissances délimitées. Néanmoins, je pense vraiment que le métier d’avocat et le droit est extrêmement formateur parce que c’est justement une matière qui change tout le temps. Et donc, on est en apprentissage permanent puisque tout ce qu’on apprend à l’école de droit quelques années plus tard, au mieux, ça change. Et donc, du coup, c’est plus une méthode, c’est plus une capacité de travail, c’est plus une discipline qu’un véritable savoir. Et donc, dans ce cadre, j’avais cette agilité qui m’a permis d’apprendre tous les métiers, mais qui sont passés de la tech à la finance, à la communication, à peu près tout. J’ai eu la chance d’avoir une première levée de fonds avec des premiers investisseurs qui ont cru au projet à l’origine, qui m’ont donné 150 000 € au départ, ce qui était quand même une très belle somme et m’a permis de développer la plateforme.

Layticia AUDIBERT

Et après, ça a été des apprentissages au fil de l’eau. Mais de toute manière, on est en formation constante parce que le monde des start up est extrêmement évolutif. Le produit lui même a évolué parce qu’au moment où je l’ai créé, je l’ai lancé en janvier 2019, il n’y avait pas le Covid, il n’y avait pas tout ce qu’on est en train de vivre entre temps et il a fallu adapter aussi Gandee aux circonstances. C’est un apprentissage continu et ça, c’est vraiment ce qu’il faut retenir de l’entrepreneuriat, c’est qu’on ne cesse jamais d’apprendre, d’être ouvert au monde, d’être ouvert aux nouvelles technos, d’être ouvert à ce qui se passe pour faire en sorte que ce que l’on propose soit en adéquation avec son public. Ce n’est pas nous qui imposons la vision, c’est le public qui nous impose finalement l’agilité.

Catherine BARLOY

C’est tout à fait le terme. J’avais « agilité et adaptabilité » en tête et voilà. On est un peu un caméléon de façon à pouvoir proposer ce qui colle le mieux à la demande.

Layticia AUDIBERT

Et ça, c’est très important parce que souvent, les étudiants, par exemple, je rencontre beaucoup, sont formés de telle sorte qu’ils arrivent « pétris de certitude » et de profs qui leur disent « Vous êtes l’élite, vous êtes machin, vous savez déjà tout. » Et donc, contrairement à ce qu’on pense, finalement, ils sont moins enclins à vouloir changer. Et donc, du coup, ça peut leur mettre des freins. En tout cas, c’est important, pour qui que ce soit, que ce soit étudiant ou pas, de se dire « Je dois réapprendre en permanence.”

Catherine BARLOY

Je crois qu’il y a un proverbe qui dit « Continuez à apprendre pour ne pas devenir vieux. » Et là, franchement, on reste jeune en étant entrepreneur.

Layticia AUDIBERT

Oui, on est obligé.

Catherine BARLOY

Et là, tu travailles toute seule ou tu as un associé ou des salariés ?

Layticia AUDIBERT

Je suis solo fondateur, mais aujourd’hui, j’ai une équipe de quatre personnes qui sont des alternants. On est en train de faire une deuxième levée de fonds qu’on est en train de boucler. L’idée, justement, d’embaucher plutôt en commercial. Après, j’ai des techs qui sont externalisés, mais maintenant, je commence à constituer ma petite équipe pour pouvoir grandir plus vite. On est également accompagnés par des accélérateurs. Nous avons été sélectionnés par l’accélérateur de Allianz, la compagnie d’assurance, qui nous permet de bénéficier aussi d’accompagnement pour accélérer notre croissance. On est également accélérés par le village by CA, qui est une émanation du crédit agricole et qui, pareil, nous accompagne dans la structuration de notre projet et nous aide à grandir. C’est quelque chose que je n’avais pas fait au début et dans les conseils que je peux donner, c’est justement… J’ai eu un grand isolement en étant solo fondateur, solo apprenante, justement, et j’ai eu le défaut de ne pas prendre le temps, parce que c’est plus une question de temps. Étant toute seule à tout faire, c’est difficile de prendre le temps d’aller à l’extérieur. C’est vraiment de bien s’entourer, de ne pas hésiter à aller dans des incubateurs, des pépinières, des accélérateurs qui vont aussi vous donner des tuyaux, des aides, même des aides financières parfois, parce que la France est quand même un pays assez formidable pour ça.

Layticia AUDIBERT

Il y a beaucoup d’aide pour les créateurs d’entreprises et donc il ne faut pas hésiter à aller les solliciter, de ne pas rester seul. Moi, je l’ai fait un peu trop tardivement, ce qui fait que ça a rendu le chemin un petit peu plus difficile. Mais là, j’ai la chance d’avoir ces accompagnements aujourd’hui et aussi avec la nouvelle levée de fonds, d’avoir un panel d’investisseurs qui sont aussi aidants, donc des personnes qui vont m’aider à prendre des décisions, à me donner de la hauteur. Quand on est entrepreneur, c’est parfois difficile de prendre la hauteur suffisante pour voir les choses qu’il faut faire, qu’il ne faudrait pas faire et avoir d’autres prismes. Parce que pour voir à 360 degrés, c’est toujours difficile de le faire seul. Donc d’avoir du feedback, ça va être important. Si je dois donner un conseil à quelqu’un qui désire entreprendre, c’est aussi ça. S’entourer, s’entourer, s’entourer. Et aussi s’entourer de gens avec des mindset de gagnant. Il y aura plein de gens qui vont dire c’est dur. Il y aura plein de gens, et c’est vrai, il y aura plein de gens qui vont aussi vous dire « Tu devrais rester dans le salariat.

Layticia AUDIBERT

» Vous entendrez plein de gens qui n’auront pas la même idée, mais il faut s’accrocher parce qu’il y a Confucius qui disait une phrase que j’aime beaucoup. Je crois que c’est Confucius ou Lao Tse ou Michel Sardou, je ne sais plus. Quand vous faites quelque chose, vous avez avec vous ceux qui voudraient faire la même chose. Vous avez contre vous ceux qui voudraient faire la même chose, ceux qui voudraient faire le contraire et l’immense majorité de ceux qui ne font rien. Donc voilà, il faut écouter personne et s’entourer de gens avec un vrai bon mindset.

Catherine BARLOY

Pour continuer à croire en soi et dans le projet qu’on a à cœur. Oui, j’entends que tu as rencontré des difficultés, mais tu as su t’entourer. Est ce que par rapport à ces difficultés que tu as surmontées, est ce que tu en vois d’autres qui peuvent arriver sur le chemin ?

Layticia AUDIBERT

La principale difficulté, après, ça a été des difficultés exogènes, c’est à dire les circonstances. Comme je le disais, on a été lancé quasiment avec le Covid. Il y a la partie exogène auxquelles il faut faire face avec l’agilité dont on parlait tout à l’heure, c’est à dire essayer de comprendre le monde. Difficulté de recrutement. C’est aussi très, très difficile de bien s’entourer. Et aujourd’hui, attirer les talents, c’est compliqué quand on est une jeune start up et on n’a pas encore la solidité qui va toujours avec. Des difficultés aussi à trouver des financements, parce que justement, les crises successives, Covid, guerre, énergie, etc, font que les investisseurs sont de plus en plus frileux à investir dans des start up. Difficulté d’être femme entrepreneur, avec parfois des barrières à l’entrée ou des questions qui ne sont pas forcément posées aux hommes. Par exemple, on m’a demandé une fois si j’avais fait cryogéniser mes ovules parce que je n’avais pas d’enfant. Et donc voilà, il y a pas mal d’embûches, mais il n’y en a aucune qui n’est véritablement insurmontable, si ce n’est de ne pas avoir le bon produit au bon moment. Moi, pour être tout à fait honnête, je pense que quand j’ai créé Grandi, je n’avais pas ce qu’on appelle le produit market fit, c’est à dire que moi, j’avais pressenti que l’engagement, la RSE, l’impact, le sens allaient devenir essentiels.

Layticia AUDIBERT

Néanmoins, j’étais un tout petit peu trop tôt sur le marché et donc, du coup, ça a rendu les choses plus compliquées parce qu’il a fallu survivre, entre guillemets, dans un premier temps, imposer une vision, évangéliser sur cette vision.

Catherine BARLOY

Oui, c’est ce que j’allais dire, oui. Faire connaître, en fait.

Layticia AUDIBERT

Faire connaître et prendre conscience. Et aujourd’hui, j’ai le privilège de cette phrase de Victor Hugo qui disait « Il n’y a rien de plus puissant qu’une idée qui rencontre son temps. » Et là, aujourd’hui, je suis je me rends compte que ça y est. C’est loin d’être gagné, mais les impératifs RSE, les impératifs de marque employeur, l’obligation pour les entreprises, quelle que soit leur taille, de participer au bien commun et avoir des externalités positives. Avant, quand j’ appelais un patron d’entreprise, il me disait « Mais ouais, je vois pas l’intérêt. » Là, il comprend tout de suite que s’il ne le fait pas, il va perdre du chiffre d’affaires, il va plus attirer les talents, il ne va plus attirer des clients, il ne va plus gagner d’appel d’offres parce qu’aujourd’hui, les grands groupes, eux, ont des contraintes réglementaires qui imposent de travailler avec des sous traitants qui vont eux mêmes s’engager et que même les banques bientôt ne prêteront plus aux entreprises qui ne font pas d’impact. Et donc c’est toute la chaîne de valeur de la TPE au freelance qui est touchée, finalement, par cet impératif qui va devenir de plus en plus nécessaire.

Layticia AUDIBERT

Et le chef de petite entreprise de PME, de TPE, même un freelance. Moi, j’ai des freelances, des gens à une personne qui souscrivent à Gandhi, qui s’engagent parce qu’ils ont aussi compris que c’est devenu un plus dans leurs communications, dans leurs engagements. Et donc aujourd’hui, ces patrons là n’ont souvent aussi pas le temps de s’occuper de ça. Trouver la bonne asso, il y en a 1 300 000 en France, donc quand on veut, je ne sais pas, soit on va aider celles qu’on connaît déjà, mais dans ces cas là, il n’y aura pas forcément toute la communication qui va avoir à aller avec. On ne va pas pouvoir inviter ses collaborateurs à le faire ou ses clients à le faire avec vous. Et donc voilà, nous, on fait gagner du temps et de la ressource aux gens pour pouvoir s’engager et avoir maintenant eux mêmes cette belle image de marque à partager avec leur communauté.

Catherine BARLOY

Oui, j’entends vraiment en fait que malgré tous les obstacles que tu as rencontrés, tu as su rebondir et tu as quasiment les garder comme force pour toi, pour continuer à avancer et montrer tout le bien fondé de ton projet.

Layticia AUDIBERT

C’est ça. Ce qui m’a permis de tenir ces deux choses pendant les moments où c’était difficile, la première, c’est la conviction sur le produit, entre guillemets, sur l’importance et la nécessité d’entreprises comme Gandee. Et la deuxième, c’était aussi l’impact, c’est à dire qu’ aujourd’hui, quand c’est dur et que je me lève le matin, je me dis « On a collecté déjà un million et demi d’euros de dons et ça veut dire qu’on a permis de changer la vie de 44 000 personnes. » Et donc là, quand c’est dur et quand ça fait mal et quand ça pique, quand tu te lèves le matin et que tu te dis « Tout ce que je vais faire aujourd’hui va avoir un impact positif », ça aide aussi à se tenir vent debout parce qu’on se dit « La finalité, elle est là et peu importe les obstacles.”

Catherine BARLOY

Une fois qu’on a vraiment ce pourquoi fort, il nous garde droit dans nos bottes et on continue à avancer. Je comprends tout à fait. Là, on parle de difficultés, mais qu’est ce que tu as gardé aussi comme beau moment ? Ces petites pépites qu’on garde comme ça, qui nous réchauffent.

Layticia AUDIBERT

J’en ai plein. Là, j’en ai une qui est drôle, par rapport à la bataille de purée dont je te parlais tout à l’heure. Là, on vient de rentrer la purée mousseline comme client. Et donc là, je trouve que j’adore et que c’est ma petite victoire parce que c’est la boucle qui est bouclée. Je trouve que c’est un joli clin d’œil au destin. Mais bon, c’est assez anecdotique, ça vient d’arriver cette semaine, mais j’ai aussi vécu pendant le Covid des moments absolument géniaux. C’est à dire qu’on a beaucoup été utilisés, notamment comme  cagnotte solidaire pour les soignants, pour les personnes âgées dans les EHPAD, pour plusieurs, toutes les femmes battues, etc. Et j’ai vu des communautés de gens même se mobiliser. Et ça, ça a été absolument merveilleux. Par exemple, on faisait des courses chez soi où les gens, parce qu’ils ne pouvaient pas sortir et j’avais des enfants de deux ans comme des mamies de 99 ans qui allaient courir autour de leur table basse au profit des soignants. Et donc c’était des moments de grâce. J’ai des gens qui ont fait une course à vélo pendant 24 heures d’affilée sur leur home trainer.

Layticia AUDIBERT

Moi, je pédalais avec eux pour encourager. J’ai plein de jolis moments où on voit les gens se rassembler pour une cause commune. Là, avec la guerre en Ukraine, aussi le tremblement de terre en Syrie, on voit des jolies initiatives de personnes qui utilisent leurs réseaux pour se mobiliser ensemble. Ça, c’est des très, très jolies victoires.

Catherine BARLOY

C’est super beau et ça fait chaud au cœur. Ça te conforte dans ce que tu mets en place au quotidien. Et donc là, sans transition, mais quand même, j’ai utilisé le mot quotidien. Ton quotidien à toi, ta routine d’entrepreneure, est ce qu’elle existe ?

Layticia AUDIBERT

Elle existe. J’utilise un tableau d’organisation du temps que je fais sur un outil qui s’appelle Trello. Je mets mes tâches de la journée ou je mets les urgences, je fais mes rendez vous et j’ai aussi pour mes collaborateurs le suivi de leurs tâches à eux, etc. L’intérêt, c’est d’essayer de mettre en place des outils de travail qui permettent de suivre ces tâches. Après, j’essaye de faire des méthodes, des routines, de faire un petit peu de méditation chaque jour pour essayer de garder cet équilibre vie perso, vie pro qui est excessivement difficile. Ça, c’est aussi le petit conseil que je voudrais partager, c’est que quand on quitte le salariat pour l’entrepreneuriat, on a aussi l’impression qu’on va acheter sa liberté. Or, c’est la plus mauvaise idée parce qu’en réalité, si on croit à son projet, on devient taillable et corvéable à merci et encore plus esclave de son projet qu’on l’était d’une manière ou d’une autre d’une entreprise. Et du coup, la première des difficultés, c’est là où aussi le burn out n’est pas que propre des salariés, mais beaucoup d’entrepreneurs aussi, parce qu’on est multitâches, parce qu’on est multifronts et qu’en plus, on est responsable d’absolument tout.

Layticia AUDIBERT

Donc, du coup, c’est très important, dès la création d’entreprise, de se mettre une discipline d’hygiène de vie personnelle, du temps pour soi. Ça peut être la méditation, ça peut être des morning routines, ça peut être du sport. Peu importe, chacun fera ce qui lui semble bien pour son équilibre. J’essaie, pour répondre à ta question, de garder cet équilibre, même si je dois me faire violence pour me discipliner aussi. Et donc aussi dans les routines, j’essaie d’écouter des podcasts, de lire des livres d’autres entrepreneurs, d’avoir un œil aussi ouvert sur l’extérieur et pas que projet, parce que sinon on devient un monodialogue. On ne parle tout le temps projet tout le temps et ça, c’est un peu pénible pour les autres. Qu’est ce que je peux te dire aussi ? Dans les routines, oui, globalement, c’est plutôt ça.

Catherine BARLOY

Tu continues la peinture ?

Layticia AUDIBERT

Pas trop et pas assez à mon goût. J’avoue que ça me manque énormément. Là Gandee me demande vraiment toute ma bande passante, mais dès que j’aurai une équipe un peu plus constituée, ce qui devrait, j’espère, arriver bientôt, j’essaierai justement de continuer parce que c’est dans mon ventre qu’en fait ça me manque. C’est un vrai vrai, c’est un exutoire, c’est un partage aussi. C’est une autre façon de partager quelque chose avec les autres. Donc oui, ça me manque.

Catherine BARLOY

Je ne sais pas. Tu as un site rien que pour ta peinture ?

Layticia AUDIBERT

Oui, c’est LayticiaAudibert.com. ça date des mérovingniens.

Catherine BARLOY

On parlait de carbone 14 tout à l’heure.

Layticia AUDIBERT

On est cohérents.

Catherine BARLOY

Non mais je me souviens de tes peintures et j’ai envie de partager ça aussi avec les personnes qui nous écoutent. Donc voilà. Écoute, on arrive à la fin. Est ce qu’il y a une phrase qui te garde motivée au quotidien, qui te porte ?

Layticia AUDIBERT

Il y en a deux. D’ailleurs, j’ai appelé l’entreprise Gandee, mais là, ça s’écrit GANDEE, notre entreprise. Mais je l’ai appelée pour le Mahatma. Et il y a deux phrases qu’il a dites qui sont bien évidemment des moteurs de ma vie, c’est « Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde. » Bien évidemment. Et l’autre, c’est « Donner l’exemple n’est pas la meilleure façon de faire, c’est la seule.»

Catherine BARLOY

Parfait. Écoute Laetitia, ce sera le mot de la fin. Je te remercie beaucoup pour tout ce partage, pour ton temps, pour tout ce que tu mets en place. Merci, merci beaucoup.

Layticia AUDIBERT

Un grand merci à toi, Catherine.

L’épisode de podcast est terminé.

Je suis une fois de plus très heureuse de vous avoir fait découvrir le parcours d’une personne inspirante.

Si je ne devais garder que deux choses de notre échange ce serait le fait d’être accompagnée quand on se lance dans l’entrepreneuriat par des pépinières, des incubateurs, des aides financières également et aussi pour garder la lumière en vue au bout du tunnel quand on traverse des périodes difficiles : la conviction dans notre projet et l’impact de nos actions.

Dites-moi en commentaires ce que vous avez gardé, vous, comme phrase qui vous ont marqué et

Je vous donne rendez-vous vendredi prochain pour un épisode solo sur le thème Comment se fixer des objectifs. D’ici là, très belle semaine et à très bientôt.

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Si vous êtes resté jusqu’à la fin de ce podcast, sachez que j’organise un concours : pour cela, il vous suffit de laisser un commentaire sur apple podcast ou spotify et de m’envoyer la copie d’écran de ce commentaire sur l’adresse contact arobase bluemidlife.fr car nous ne savons pas qui nous met un commentaire. Tous les 8 podcasts, je ferai un tirage au sort pour offrir à une personne 1 heure de coaching dédiée à ses objectifs professionnels. A très bientôt

Si cet épisode vous a plu, n’hésitez pas à le liker, à le partager, à mettre 5 étoiles sur votre plateforme d’écoute préférée et je vous souhaite une belle semaine.

Vous pouvez retrouver Layticia ici :

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